Lecture terminée ! Le constat, n'est pas très réjouissant !
Avec ma naïveté habituelle, j'avais pensé que ma formation d'instit n'avait pas été formidable, parce que j'étais tombée l'année de la grève de correction, ce qui nous avait valu presque deux mois de moins de formation, je me disais que cela ne devait pas être partout pareil, que d'autres avaient certainement été mieux formés que nous !
Et bien, non ! Il se passe la même chose partout. J'ai même l'impression que la formation est encore pire à l'IUF*M( *institut*de formation des maîtres). ( J'ai connu pour ma part L'E*N, *école*normale).
Je ne vous surprendrai pas si je vous dis que les formateurs n'ont jamais enseigné en classe ! Je ne me souviens pas avoir appris à apprendre à lire, je ne me souviens pas non plus d'avoir appris à enseigner en maternelle, d'ailleurs pour mes voeux la première année, je m'étais bien gardée de demander des postes en maternelle . Devinez ce qui arriva, mon premier poste fut une classe de maternelle. Je m'y plus tellement que l'année suivante je ne demandais que des postes en maternelle. Ce qui devait arriver arriva, j'eus une classe de CM1 !
Les mystères de l'administration !
Revenons au livre . L'auteur était tellement en désaccord avec les formateurs, qu'elle décida d'écrire un journal tout au long de sa formation . Elle y nota tous les dogmes de l'*IUF*M, les contradictions et les aberrations en se gardant bien de se montrer trop opposante au système sous peine de ne pas être validée au bout de l'année de formation .
Pendant la formation on vous dit que :
1 Il ne faut pas apporter de connaissances à l'enfant .Il faut rendre les apprenants ( les élèves ) actifs dans la construction de leurs apprentissages. Toute connaissance apportée ne vaut rien, apporter rend passif . Il ne faut pas d'apprentissage par coeur, pas de cours magistraux.
L'auteur pense que l'enfant , dès l'instant où il apprend, n'est pas passif. Que ce n'est pas parce que l'élève est mis en situation de recherche qu'il sera actif .
Je pense la même chose que l'auteur, le maître doit apporter le savoir . A mettre tout le temps les enfants en situation de recherche, on perd beaucoup de temps pour arriver au même résultat .
2 Il faut travailler en groupe .
Pour l'IUF*M, c'est une évidence, c'est nécessaire . Pourquoi ? Les formateurs ne le disent pas !
Selon l'auteur, c'est une perte de temps . Ce n'est pas une bonne méthode pour apprendre . On n'apprend pas à lire, à écrire, à compter en groupe !
Moi : Choupinet me racontait l'autre jour son expérience de travail en groupe . Lorsqu'ils font un travail en groupe, ils doivent choisir qui sera le scripteur, le rapporteur et le responsable du bruit . L'élève le plus faible ( sait à peine lire à l'âge de 11 ans, je vous rappelle que choupinet est en ce2 et qu'il a 8 ans . ) a voulu être le scripteur, au bout d'un court moment, il ne voulait plus écrire ce qui posa problème au groupe . Une autre élève devait rapporter le travail effectué devant le groupe classe, celle-ci s'est emmêlée dans les notes et n'a pas pu expliquer ce que son groupe avait fait . Choupinet m'a aussi dit qu'il en avait assez de travailler en groupe, que c'était toujours lui qui trouvait les réponses ! Alors, c'est sûr, le travail en groupe, c'est très utile pour perdre son temps et décourager les élèves qui travaillent pendant que les autres se font traîner .
3 Il ne faut pas crier .
C'est mal vu de se fâcher en classe .
Moi : Nous sommes des êtres humains et il nous arrive d'être excédé par un comportement pourtant. Ce sont bien sûr des personnes qui ne vont jamais dans une classe qui nous disent cela .
4 Il ne faut plus faire de la grammaire systématique. Il ne faut pas faire apprendre les règles par coeur . Il faut juste mettre les livres à disposition des enfants pour qu'ils puissent se corriger quand ils écrivent . Il faut que les enfants cherchent eux-mêmes . En faisant chercher les enfants, on donne du sens, donc, on supprime l'ennui, donc on donne envie, donc les enfants apprennent .
L'auteur : Le problème est que cela ne fonctionne pas. L'apprentissage des règles en grammaire, en calcul ou dans toute autre discipline ne peut se passer d'un effort d'engrangement qui a un aspect laborieux .
moi : Mes élèves ou mes enfants n'ont jamais éprouvé naturellement le besoin de se corriger et ils ont encore moins fait la démarche de recherche de règles grammaticales ou de calcul . Il n'y a qu'en apprenant les règles par coeur que l'enfant fait moins de fautes .
5 Il faut faire des conseils d'enfants.
Ce sont des réunions au cours desquelles on passe en revue tous les problèmes de la vie de la classe ou de la vie de l'école . Les enfants y exposent leurs problèmes, proposent des solutions et éventuellement des sanctions contre certains camarades.
L'auteur trouve cette pratique insupportable . Elle entretient les enfants dans l'idée fausse qu'ils peuvent faire la loi . C'est au maître de faire la loi .
Moi : Je trouve moi aussi cette pratique horrible, pour preuve, Choupinet m'a raconté cette année qu'ils avaient décidé de la punition d'un de leur camarade . La classe de choupinet est particulièrement pénible et violente cette année, comment peut-on espérer régler les problèmes entre les enfants si ce sont eux qui décident des punitions des autres ? Je trouve cela malsain ! C'est à l'enseignant de décider de la punition !Et que dire du temps perdu lors de ces réunions, temps perdu pour apprendre !
6 Il ne faut plus utiliser la méthode*sylla*bique pour apprendre à lire .
On ne jure que par la méthode*glob*ale. Les malheureux enseignants qui utilisent encore la méthode*sylla*bique ont plutôt intérêt à se cacher .
L'auteur a quand même dit qu'elle même avait appris à lire avec la *sylla*bique et qu'elle savait parfaitement lire, mais cela n'a pas convaincu les formateurs qui trouvent que cette méthode est ringarde et qu'elle ne permet pas de donner du sens !!!!!
Il vaut mieux en effet tromper l'enfant en commençant à lui apprendre à lire avec la méthode*glo*bale tout en sachant que de toute façon il faudra par la suite lui donner les mécanismes de la combinatoire( b et a =ba) et donc faire de la *sylla*bique. Choupinette a eu beaucoup de mal à quitter la*glo*bale pour la*sylla*bique, elle avait une très bonne mémoire, elle avait appris tous les mots et les textes par coeur, c'était facile, quand il a bien fallu passer à la*sylla*bique, elle n'a pas voulu, elle a continué à photographier les mots, c'était bien sûr impossible de tout retenir vu le nombre de mots à apprendre. Avec beaucoup d'efforts et de crises de larmes elle a enfin voulu combiner et a su lire . Mais pourquoi l'avoir trompée au début en lui faisant croire que c'était facile et que cela ne demandait pas d'efforts d'apprendre à lire ?
Conclusion : Vous aurez donc compris que j'adhère complètement à la pensée de Ra*chel*Bou*tonnet !
Tous les enseignants subissent cette formation, certains n'y adhèrent pas et feront comme bon leur semble dans leur classe, mais, et il y a un mais, certains adhèrent à cette pédagogie et l'exercent dans leur classe au grand malheur des enfants !
Désolée d'avoir fait si long, mais ce livre jette un pavé dans la mare et on ne peut pas en parler en deux mots .
